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Marin c’est l’ami de ses amis, la personne indispensable des repas de famille, celui qui sait écouter attentivement, toujours prêt à donner un coup de main, à penser au petit détail qui fera plaisir.

Marin c’est l’aîné d’une fratrie de 5 frères et sœurs, il est un modèle. Il est intelligent, il a souvent l’œil qui frise avant une remarque moqueuse et tendre à la fois. Comme il est ambitieux, il est devenu un excellent élève de chinois, a eu son bac avec mention très bien. Etudiant en double licence de droit et sciences politiques, il passe une grande partie de ses week-ends et vacances à s’occuper de ses frères et sœurs et à aider son papa à son travail.

Le 11 novembre 2016, quatre jours après ses 20 ans, Marin sortait du centre commercial de la Part-Dieu à Lyon en compagnie de Clémentine, sa petite amie. Ils attendaient le bus C1, c’était un jour férié, de nombreuses familles commençaient à préparer les emplettes de Noël, et il commençait à faire frais. Un couple d’une quarantaine d’années s’embrasse à côté d’eux quand ils sont pris à parti par un groupe d’individus qui s’irritent de les voir s’embrasser. Le ton monte, la situation devient menaçante et Marin intervient pour calmer les esprits. Dès lors la situation se retourne contre lui. Les coups commencent à pleuvoir. Le bus arrive et Clémentine le tire par le bras pour qu’ils montent dans le bus. Is viennent à peine de s’assoir quand un des individus, armé d’une béquille, ouvre la porte arrière, cherche Marin et lui assène un premier coup sur le crâne. Le choc est tellement violent qu’il projette Marin en avant dans les bras de Clémentine. Il perd connaissance et convulse immédiatement. Du sang sort de ses oreilles. L’agresseur continue néanmoins à frapper. Les passagers sidérés font ouvrir la porte au conducteur pour repousser l’agresseur. Ambulance et pompiers sont immédiatement appelés.

Marin ne reprendra pas connaissance. Il est opéré dans la nuit, le neurochirurgien lui ôte le quart de la boîte crânienne pour laisser de la place à l’énorme hématome qui s’est formé. Sortant du bloc, il dit aux parents que ce n’est plus entre ses mains. Le lendemain, on conseille à la famille proche de venir lui dire au revoir. Tout son entourage est sont terrassé par la nouvelle.

Mais l’espoir revient. Un espoir fou. Un désir tellement intense qu’il s’en sorte, qui n’obéit à aucune logique, en tout cas aucune logique médicale. Nous prions intensément. Nous avons besoin d’aide. Devant la détresse des parents débordés d’appels et de messages, nous décidons de créer la page Facebook « Je soutiens Marin », pour partager les nouvelles avec les amis et la famille, pour soulager Audrey et Fabrice.

D’abord les amis, puis les amis des amis. Viennent les parents des amis, puis leurs grands-parents. Tous nous disent la même chose : votre enfant, cela pourrait être le mien. Il aurait fait la même chose.

Coma profond… On attend. On lui parle, maman masse à longueur de journée, papa parle, explique, on lui fait sentir des odeurs, on lui fait de la lecture. Marin est sous haute dose de morphine.

Après 2 semaines exténuantes, il nous semble qu’un œil s’entrouvre. Puis cet œil sans expression commence à suivre les mouvements dans la pièce. Puis les doigts de la main droite serrent et relâchent un peu. Les médecins décident de lui faire subir une batterie de tests. Le résultat est sans appel : les deux hémisphères sont touchés et des zones de nécrose apparaissent. En langage clair, on dit aux parents que Marin est dans un état végétatif irréversible.

Sa grand-mère et sa tantine de la Réunion viennent le voir aux soins intensifs, le cœur déchiré, pour lui dire un dernier au revoir. Elles sont stupéfaites de constater que Marin bouge légèrement les lèvres, essaie de former des mots dans un très léger souffle. Alors, le cœur débordant d’espoir, les uns et les autres se relaient dans sa chambre, parlant, massant, stimulant avec odeur de chocolat, chantant « Allez les Verts »  à tue-tête.

Toute sa famille l’encourage et lui explique chaque jour pourquoi il est aux soins intensifs (foutue mémoire).On lui répète qu’on l’aime, qu’il va y arriver et que des milliers de personnes le soutiennent.

Et les résultats sont là : il est officiellement en phase de réveil. Puis, l’œil droit encore à demi fermé, on peut le sangler sur un fauteuil. Le tuyau gastrique passant par le nez (malcommode, gênant) est remplacé par une sonde gastrique. Marin est attaché sur un vélo pour stimuler le côté gauche. Le bras gauche est replié, avec des spasmes douloureux ? Maman le masse régulièrement avec amour, encore et encore…Papa s’ingénie à trouver des « carottes » pour le stimuler et le faire encore progresser.

Marin, en véritable champion, se bat avec obstination. Le courage est là, l’humour toujours présent. La première phrase qu’il réussit à dire à sa mère : «  c’est un vrai hall de gare, ici, sans déconner ». Quel soulagement de pouvoir rire après tant de douleur et de stress !

Quel plaisir de te voir écouter de la musique et murmurer les paroles de Bénabar, de t’observer déguster un peu de foie gras pour Noël.

Au bout de cinq semaines Marin quitte le service de réanimation. Merci à tout le personnel soignant, si dévoué, si souriant.

Intelligence : super.
Humour : extra.
Mémoire ancienne : Tiptop.

Ce qui va moins bien : Tout le côté gauche et la mémoire récente.

Une étape est franchie. Marin va dans un centre de rééducation pour réapprendre à marcher. Il s’est donné le mois de juin comme objectif pour y arriver. Rien ne peut plus nous étonner….

Marin a bouleversé notre quotidien, nos habitudes, nos certitudes et nos vies. Il nous a unis, famille, amis et soutiens, autour d’un espoir fou : celui de s’en sortir, de contredire statistiques et avis médicaux. Le temps nous donne raison et nous livre l’exploit quotidien de Marin.

Nous sommes plus de 100.000 personnes qui ne se résignent pas, qui se serrent les coudes.

Selon Marin, « pour s’aimer, il n’y a pas besoin de rééducation ».

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Marin a bouleversé notre quotidien, nos habitudes, nos certitudes et nos vies. Il nous as unis, famille, amis et soutiens, au sein d’un espoir fou, celui de s’en sortir, de contredire statistiques et avis médicaux. Et le temps nous a donné raison, il est notre héros ; des exploits chaque jour. Il ne laisse personne indifférent.

Nous sommes plus de 100.000 personnes qui ne se résignent pas, qui se serrent les coudes et qui se tiennent chaud.

Marin dit que « pour s’aimer, il n’y a pas besoin de rééducation ».

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